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24.09.2006

152

Cantalamessa, Raniero
Méditation 14-XII-01, n. 5

Ne renonçons pas à intercéder en pensant : "De toute façon, cela ne change rien, nous avons frappé à la porte bien des fois et aucune porte ne s´est ouverte...". Attention : peut-être as-tu frappé à une porte de service et ne t´es-tu pas aperçu que Dieu t´a ouvert la porte principale. Il est en train de te donner quelque chose de plus important pour l´éternité de ce que tu lui as demandé.... Un jour, nous découvrirons qu´aucune prière d´intercession, faite avec foi et humilité, sans nous préoccuper de vérifier si elle avait ou non reçu une réponse, n´a jamais été faite en vain. Encore moins celle d´aujourd´hui qui s´élève à Dieu de toute l´Église en faveur de la paix et qui est soutenue par le jeûne...

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20.09.2006

142

Cantalamessa, Raniero
Méditation 14-XII-01, n. 4

Pour d´autres, plus important que celui des paroles, sera le jeûne des pensées. Je m´explique avec les mots d´un moine chartreux anonyme, notre contemporain :

"Observe pendant un seul jour le cours de tes pensées : la fréquence et la vivacité de tes critiques internes avec des interlocuteurs imaginaires, ou avec des proches, te surprendront. Quelle est généralement leur origine ? Le mécontentement à cause des supérieurs qui ne nous aiment pas, ne nous estiment pas, ne nous comprennent pas ; ils sont sévères, injustes, trop avares avec nous ou d´autres opprimés. Nous sommes mécontents de nos frères que nous jugeons peu compréhensifs, têtus, expéditifs, confus ou injurieux... Alors, dans notre esprit se crée un tribunal, au sein duquel nous sommes tout à la fois le procureur, le président, le juge et le juré ; rarement l´avocat, sinon en notre faveur. Les torts sont exposés ; les raisons pesées ; on se défend ; on se justifie ; on condamne l´absent. Peut-être élabore-t-on des plans de revanche ou des manœuvres vengeresses... Au fond, il s´agit de sursauts d´amour propre, de jugements trop rapides ou téméraires, d´une agitation passionnelle qui se conclut par la perte de la paix intérieure".

Il existe des personnes qui passent des heures et des heures à mastiquer certaines racines qu´elles tournent et retournent dans leur bouche. Quand nous ressassons ces pensées, nous leur ressemblons, sauf que dans notre cas, ce que nous mastiquons est une racine vénéneuse... Il faut remplacer le ressentiment inspiré par l´amour propre, par le pardon. Le pardon a une valeur thérapeutique : il guérit celui qui le donne comme celui qui le reçoit.

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06.09.2006

120

Cantalamessa, Raniero
Méditation 14-XII-01, n. 4

La forme la plus nécessaire et la plus significative de jeûne pour nous aujourd´hui s´appelle sobriété. Se priver volontairement de petits ou de grands conforts, de ce qui est accessoire ou inutile, est communion à la passion du Christ, est solidarité avec la pauvreté d´un grand nombre.

C´est aussi une façon de s´opposer à la mentalité consumériste. Dans un monde qui a fait de la commodité superflue et inutile une des fins de sa propre activité, renoncer au superflu, savoir se passer de quelque chose, éviter de recourir à la solution la plus commode, de choisir la chose la plus facile, l´objet de plus grand luxe, vivre en somme dans la sobriété est plus efficace que de s´imposer des pénitences artificielles. C´est par dessus tout une justice envers les générations qui nous suivront et ne doivent pas être contraintes à vivre des cendres de ce que nous avons consommé et gaspillé. Il a une valeur écologique, de respect de la Création.

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05.09.2006

Raniero Cantalamessa

Coups de cœur

Peut-être Dieu ne t’a-t-il pas donné la foi pour que tu l’aides à purifier la foi de celui qui devait te l’annoncer et lui faire sentir la responsabilité et l’urgence de le faire.  [077]


Le Christ est vendu, une nouvelle fois, non plus aux chefs du sanhédrin pour trente pièces d’argent, mais à des éditeurs et des libraires pour des milliards de pièces d’argent…  [078]


Parfois, il n’est pas nécessaire de parler, mais seulement d’être présent, de souffrir et d’aimer, en se montrant plein de respect pour ceux qui ne réussissent pas encore à croire.  [081]


Aujourd´hui les idoles n´ont plus de noms propres, Baal Astarte, mais ont des noms communs: argent, luxe, sexe, mais la substance ne change pas.  [089]

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03.09.2006

117

Cantalamessa, Raniero
Méditation 14-XII-01, n. 4

Pour tous enfin, est indispensable actuellement le jeûne des images. Nous vivons dans une culture de l´image : presse, cinéma, télévision, internet... Aucune nourriture, dit l´Ecriture, n´est impure en soi ; beaucoup d´images le sont. Elles constituent le véhicule privilégié de l´anti-évangile : sensualité, violence, immoralité. Ce sont les troupes spéciales de Mammon. On attribue à Feuerbach cet adage : "L´homme est ce qu´il mange" ; aujourd´hui, on doit dire : "L´homme est ce qu´il regarde". L´image a un incroyable pouvoir qui lui permet de reproduire et de conditionner le monde intérieur de celui qui la reçoit. Nous sommes habités par ce que nous voyons.

Pour un prêtre, un religieux, un prédicateur, c´est désormais une question de vie ou de mort. "Mais Père, m´objecta un jour l´un d´entre eux : n´est-ce pas Dieu qui a créé l´œil pour regarder tout ce qu´il y a de beau dans le monde ? . "Si, mon frère, lui répondis-je ; mais le même Dieu qui a créé l´œil pour regarder a également créé la paupière pour le fermer. Et il savait ce qu´il faisait".

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24.08.2006

089

Cantalamessa, Raniero
Méditation 14-XII-2001, n. 2

...l´appel au repentir à faire parvenir à notre monde - certes avec respect et amour - est le même que celui qu´Elie adressa au peuple d´Israël, après que celui-ci ait abandonné la religion de ses pères pour se livrer aux idoles :

"Jusqu´à quand clocherez-vous des deux jarrets ? Si Yahvé est Dieu, suivez-le ; si c´est Baal, suivez-le !" (1 R 18, 21).

Pour Jésus : "Vous ne pouvez servir deux maîtres" (cf. Mt 6, 24). Aujourd´hui les idoles n´ont plus de noms propres, Baal Astarte, mais ont des noms communs: argent, luxe, sexe, mais la substance ne change pas. L´appel au retour à Dieu doit prendre, dans les pays chrétiens, une toute autre direction que celle de la "guerre sainte" : il doit s´agir d´une guerre "ad intra", et non pas "ad extra" ; une lutte menée contre nous-mêmes, une conversion et non pas une agression. C´est là l´unique idée de guerre sainte qui soit compatible avec l´esprit de l´Évangile.

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22.08.2006

081

Cantalamessa, Raniero
Homélie, 21 avril 2000 (Vendredi Saint, Basilique St Pierre)

Ce que l’on doit abandonner n’est pas l’annonce de la croix, mais plutôt certaines façons erronées du passé de le faire. Nous présenter au monde comme des crucifiés, non comme des croisés. (...)

Parfois, il n’est pas nécessaire de parler, mais seulement d’être présent, de souffrir et d’aimer, en se montrant plein de respect pour ceux qui ne réussissent pas encore à croire. La forme la plus essentielle d’évangélisation est de permettre de circuler à l’amour que le Christ est venu implanter dans le monde. Dans les faits plus que dans les paroles.

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21.08.2006

078

Cantalamessa, Raniero
Homélie, 14 avril 2006 (Vendredi Saint, Basilique St Pierre)

Car un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l’oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité et détourneront l’oreille de la vérité pour se tourner vers les fables (2 Tm 4, 3-4). Cette parole des Saintes Ecritures – surtout l’allusion à l’oreille qui démange en entendant des choses nouvelles – se réalise de façon nouvelle et impressionnante de nos jours. Alors que nous célébrons ici la mémoire de la passion et de la mort du Sauveur, des millions de personnes sont amenées à croire, par d’habiles spécialistes du remaniement de légendes antiques, que Jésus de Nazareth n’a en réalité jamais été crucifié. (...)

On parle beaucoup de la trahison de Judas sans se rendre compte qu’on est en train de la renouveler. Le Christ est vendu, une nouvelle fois, non plus aux chefs du sanhédrin pour trente pièces d’argent, mais à des éditeurs et des libraires pour des milliards de pièces d’argent… Personne ne réussira à stopper cette vague spéculative qui va même être relancée avec la sortie imminente d’un film, mais m’étant consacré pendant des années à l’Histoire des origines chrétiennes je considère comme de mon devoir d’attirer l’attention sur un énorme malentendu qui se trouve à la base de toute cette littérature pseudo-historique.

Les évangiles apocryphes sur lesquels elle s’appuie sont des textes connus depuis toujours, dans leur totalité ou en partie, mais avec lesquels même les historiens les plus critiques et les plus hostiles au christianisme n’ont jamais pensé avant ce jour que l’on puisse faire de l’histoire. Ce serait comme si dans quelques siècles on prétendait reconstruire l’histoire d’aujourd’hui en se basant sur les romans écrits à notre époque.

L’énorme malentendu consiste dans le fait que l’on utilise ces écrits pour leur faire dire exactement le contraire de ce qu’ils voulaient dire. Ils font partie de la littérature gnostique des IIe et IIIe siècle. La vision gnostique – un mélange de dualisme platonique et de doctrines orientales revêtu d’idées bibliques – soutient que le monde matériel est une illusion, œuvre du Dieu de l’Ancien Testament, qui est un dieu méchant, ou au moins inférieur ; le Christ n’est pas mort sur la croix, car il n’a jamais pris, sauf en apparence, un corps humain, ceci étant indigne de Dieu (docétisme). (...)

Ce sont des choses qui ne mériteraient pas d’être traitées en ce lieu et aujourd’hui, mais nous ne pouvons pas permettre que le silence des croyants soit interprété comme un sentiment d’embarras et que la bonne foi (ou la naïveté ?) de millions de personnes soit impunément manipulée par les médias, sans élever la voix pour protester au nom, non seulement de la foi, mais aussi du bon sens et d’une raison saine. (...) nous sommes à l’époque des médias et les médias s’intéressent davantage à la nouveauté qu’à la vérité.


Source : www.cantalamessa.org, www.zenit.org

14:10 Publié dans - Cantalamessa, Raniero, Bon sens, Foi, Gnose, Médias, Passion, Péché, Raison, Vérité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, religion, spiritualité, foi, vérité, église, jésus

077

Cantalamessa, Raniero
Homélie, 21 avril 2000 (Vendredi Saint, Basilique St Pierre)

"J’ai toujours cherché Dieu et je ne l’ai pas trouvé. Je l’ai toujours cherché, car je crois que la foi peut donner une force extraordinaire. Mais je ne me sens pas responsable ou coupable du fait que cette force m’ait manquée. Et si je trouvais Dieu, je lui demanderais : Pourquoi ne m’as-tu pas donné la foi ?" (Indro Montanelli, entretien, Il Gazzettino 22-I-00, p. 11).

Je voudrais répondre à cette personne et à celles, nombreuses, qui sont dans cette même situation : peut-être Dieu ne t’a-t-il pas donné la foi pour que tu l’aides à purifier la foi de celui qui devait te l’annoncer et lui faire sentir la responsabilité et l’urgence de le faire. Cependant, tu connais la réponse qu’ont entendue des hommes comme Augustin et Pascal, qui avaient posé la même question à Dieu : "Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé". "Si je ne t’avais pas déjà trouvé !". Désirer sans croire peut constituer une foi plus pure que croire sans désirer, en tenant tout pour sûr.

12:15 Publié dans - Cantalamessa, Raniero, Apostolat, Désir, Foi, Responsabilité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, religion, spiritualité, foi, vérité, église, jésus